LE MAGAZINE DE LA FEMME PATRON

Révérende Claudia Nguesso – Un appel au delà des frontières du Gabon

Bonjour pasteure. Vous êtes pasteure principale des églises “Jésus-Christ Source d’Eau Vive”, racontez-nous votre appel.

C. N. : Mon appel n’est pas né d’une ambition personnelle, mais d’une rencontre. Une rencontre réelle, profonde, avec Dieu. Dieu m’a confié une mission qui était bien au-delà de ce que j’aurais pu imaginer, et surtout au-delà de ce que je pensais être capable de porter. Il m’a appelée à sortir de mes limites, à quitter mes sécurités, pour marcher dans la foi et l’obéissance.

Au début, il y avait des questions, parfois des résistances… mais à chaque étape, Dieu confirmait. Il parlait, Il ouvrait des portes. J’ai compris que l’appel ne repose pas sur nos capacités, mais sur la grâce de Celui qui appelle.
Ce n’est pas une fonction, c’est un mandat. Ce n’est pas une position, c’est un engagement.
Aujourd’hui, je marche avec cette conviction: quand Dieu appelle, Il soutient, Il forme et Il accomplit.

Avant que votre vie prenne ce tournant à 360°, quel était votre rêve ?

    C. N. : Mon rêve était de devenir une grande esthéticienne. J’ai toujours été sensible à la beauté. Dieu m’a fait la grâce d’être une belle femme, et j’ai grandi auprès d’une mère qui l’était également. Cette image m’a marquée.

    Très tôt, j’ai eu ce désir de sublimer les autres, de révéler ce qu’il y a de beau en chacun. J’aimais redonner confiance, transformer le regard que les personnes portent sur elles-mêmes. Je voulais que ceux qui passent entre mes mains repartent avec une image valorisée d’eux-mêmes, même lorsqu’ils ne la voyaient pas au départ.

    Aujourd’hui, je comprends que ce désir est toujours là… il a simplement changé de dimension. Je continue de révéler la beauté, mais une beauté plus profonde : celle de l’âme, celle de l’identité.

    Vous êtes aujourd’hui l’épouse d’un des hommes politiques les plus influents du Congo, qu’est-ce que cela a changé dans votre vie ?

      C. N. : Lorsque mon mari et moi nous sommes rencontrés, il n’avait pas l’intention de devenir un homme politique. C’est le concours des circonstances qui l’y a conduit. Pour ma part, cela n’a pas profondément changé qui je suis. J’ai veillé à rester alignée avec mes valeurs, avec ma foi, et avec la femme que Dieu m’a appelée à être. Bien sûr, il y a plus d’exposition, plus de responsabilités, une certaine vigilance… mais intérieurement, je suis restée la même. Ce contexte m’a surtout appris à grandir en sagesse, en discernement, et à porter dans la prière des réalités qui dépassent ma personne. Au fond, cela ne m’a pas transformée… cela m’a affinée.

      Mère de sept (7) enfants, à presque 50 ans, les vents et marées vous en avez connu… Quel est votre secret pour maintenir le cap ? Quel est selon vous le vrai secret du leadership ?

        C. N. : Les vents et les marées, tout le monde en rencontre. La différence, c’est la manière dont on les traverse.
        Ma foi en Dieu a été mon ancre. Elle m’a permis de garder la paix, même dans les saisons difficiles.

        Avoir une grande famille a été un choix. Je n’ai jamais subi cela. J’ai choisi d’avoir mes enfants, et je les ai accueillis avec joie. Cela n’a pas toujours été facile, mais parce que c’était un choix, je l’ai assumé… et je l’assume encore aujourd’hui. Pour maintenir le cap, il faut garder la foi, rester authentique, et ne pas avoir peur de reconnaître ses moments de faiblesse.

        Quant au leadership, ce n’est pas une position. C’est une posture. Un vrai leader ne cherche pas à s’imposer, mais à servir. Il reste debout, même sous pression, et avance avec humilité. Le vrai leadership, c’est rester vrai… peu importe les circonstances.

        D’origine gabonaise, installée entre le Congo et la France, quelle est votre vision de la femme gabonaise, congolaise, africaine en général ?

          C. N. : Je parle en tant que femme africaine, mais aussi en tant que femme qui a traversé différentes réalités, entre l’Afrique et l’Europe. La femme africaine est forte, mais parfois fatiguée. Elle porte beaucoup, souvent en silence. Je me reconnais en elle. J’ai moi-même dû apprendre à me relever, à me reconstruire, à comprendre que ma valeur ne dépend ni du regard des autres, ni des circonstances. Je crois que la femme africaine doit aujourd’hui revenir à son identité. Ne plus se diminuer, ne plus se comparer, mais assumer pleinement qui elle est. Elle a une force, une dignité, une capacité de bâtir qui est exceptionnelle. Ma vision, c’est une femme enracinée, consciente de sa valeur, et capable d’avancer sans se perdre.

          Si vous deviez regarder en arrière, que diriez-vous à la petite Claudia ?

            C. N. : Ma petite Claudia,
            n’aie pas peur de grandir, et n’aie pas peur d’être différente. Tu n’as pas besoin que tout le monde t’aime pour être une belle personne. Reste gentille, reste vraie, c’est ça qui compte. Ne te compare pas aux autres. Chacun a son chemin, et le tien est précieux.
            Tu es une étoile, et tu dois briller. Tel est le rôle d’une étoile. Continue de rêver, même si certains ne comprennent pas. Tes rêves sont importants. Fais confiance à Dieu. Il te connaît mieux que toi-même, et Il veille sur toi.
            Et quoi qu’il arrive… avance avec ton sourire. Tu vas y arriver.

            NOUVEAU!

            Téléchargez gratuitement le magazine N°006

            Découvrez des histoires vraies, des parcours inspirants, des femmes qui font bouger les lignes et qui bâtissent l’avenir.

            Découvrez aussi sur Mwassi Boss

            NOUVEAU!

            Téléchargez gratuitement le magazine N°006

            Découvrez des histoires vraies, des parcours inspirants, des femmes qui font bouger les lignes et qui bâtissent l’avenir.