Bonjour Madame,
1. Présentez-vous pour celles et ceux qui vous découvrent.
E. O. : Je suis Parfait-Mahoungou Émilia Ossele, fondatrice de ML Events, promotrice d’événements culturels et entrepreneure basée à Pointe-Noire, en République du Congo. Ancien mannequin, je me suis progressivement tournée vers l’organisation d’événements, la promotion des talents locaux et le renforcement de la place des femmes dans l’entrepreneuriat et la culture. J’organise des concours, des spectacles et des rencontres professionnelles qui mettent en lumière la créativité congolaise tout en offrant des opportunités de formation et de networking aux jeunes artistes et porteurs de projets.
2. Vous êtes ancien mannequin reconverti en entrepreneure dans le show-business. Racontez-nous comment s’est fait ce changement de cap.
E. O. : En tant qu’ancien mannequin et ancienne candidate à l’élection Miss Congo, mon parcours m’a naturellement plongée dans les coulisses du show-business : stylisme, gestion d’image, logistique et relations. En 2016, lorsque l’organisation de concours de beauté s’est arrêtée au Congo, beaucoup de jeunes filles ont vu leurs rêves partir en fumée. Avec une amie, nous avons voulu répondre à ce manque et redonner une plateforme aux candidates : nous avons créé Miss Lumière pour offrir des opportunités de formation, d’expression et d’accès au milieu artistique.
Après la première édition, mon amie m’a quittée, et j’ai poursuivi l’aventure seule avec l’équipe afin d’assurer la continuité et de renforcer le projet. Le concours a rencontré un réel engouement ; les inscriptions et le soutien du public ont grandi d’une édition à l’autre. Rapidement, des jeunes hommes ont commencé à nous solliciter. Ils se disaient abandonnés par les structures existantes et souhaitaient eux aussi une plateforme pour être révélés. Face à cette forte demande, nous avons décidé de créer une édition mixte.
C’est ainsi qu’est née la première édition de Miss & Mister Ndjindji, le tout premier concours Miss et Mister du Congo. Le passage du mannequinat à la production d’événements s’est fait naturellement : j’ai transformé mon expérience personnelle et mon réseau en un projet entrepreneurial structuré. Organiser ces concours m’a permis d’avoir un impact plus large : soutenir des talents, proposer des formations (communication, image, confiance en soi) et créer des opportunités concrètes pour la jeunesse congolaise.
3. Qu’est-ce qu’il y a de plus dur dans le monde du show-business au Congo ? Et comment surmontez-vous ces difficultés ?
E. O. : Les difficultés majeures sont le manque d’infrastructures professionnelles (salles adaptées, matériel technique…), le financement insuffisant et parfois l’absence de cadres clairs pour la promotion et la protection des artistes. À cela s’ajoutent la concurrence informelle et des attentes parfois irréalistes du public ou des partenaires.
Pour surmonter ces obstacles, je mise sur la rigueur organisationnelle, la transparence financière et la construction de partenariats durables avec les sponsors, les médias et les institutions. J’investis aussi dans la formation des équipes locales afin de professionnaliser chaque étape d’un événement et je privilégie la coproduction pour mutualiser les ressources. Enfin, la patience et la persévérance sont essentielles : chaque projet réussi renforce la crédibilité et ouvre de nouvelles portes.
4. Promotrice d’événements culturels, quel est, selon vous, le secret d’un événement réussi ?
E. O. : Un événement réussi repose sur trois piliers : la préparation, l’équipe et l’expérience du public. La préparation inclut une planification logistique minutieuse, un budget réaliste et une communication ciblée. L’équipe doit être compétente, coordonnée et prête à réagir aux imprévus. L’expérience du public passe par la qualité artistique, la sécurité, l’accueil et l’ambiance générale.
J’ajoute également l’importance du respect des délais, d’un plan de contingence (sécurité, technique, météo) et de partenariats médias pour assurer la visibilité et le retour sur investissement. Enfin, mesurer les retours (satisfaction, couverture médiatique, retombées commerciales) permet d’améliorer les éditions suivantes.
5. Parlez-nous de Miss & Mister Ndjindji. À quoi devrions-nous nous attendre cette année ?
E. O. : Miss & Mister Ndjindji est un concours qui célèbre la beauté, le talent et la culture locale tout en offrant une plateforme de formation et d’autonomisation pour les jeunes. Cette année, nous préparons une édition plus interactive et plus professionnelle : ateliers de développement personnel (communication, image, entrepreneuriat), sessions de coaching avec des professionnels du show-business et une mise en scène renforcée pour valoriser nos candidats.
Nous mettrons aussi l’accent sur l’inclusion et la promotion des initiatives sociales portées par les participants. Attendez-vous à des prestations artistiques de qualité, à un jury composé d’experts et à des partenaires qui soutiendront la suite de la carrière des lauréats (contrats, formations, visibilité). L’objectif est de créer de véritables opportunités, pas seulement de remettre une couronne.
Propos recueillis par la rédaction.